View Categories

Covid, les frontières sont à nouveau là !

4 min de lecture

  Christophe Sanchez

Il a suffi d’un virus pour faire renaître les frontières, la peur de l’autre, le péril jaune, le nationalisme. Les frontières suisses ont été fermées même les chemins de traverse sur le haut du vita parcours vers Schönenbourg ont été gardés par des douaniers. 



Frontière Hégenheim-Allschwil – Bachgraben


L’Allemagne a vu même des altercations entre ses habitants et des frontaliers. Les Anglais ont âprement protégé l’accès à leur stock de vaccins produits sur leur sol.

Bien sûr, nous pourrions parler des malades soignés en Allemagne ou en Suisse. 
La pandémie laisse des traces…

Dans nos villages aussi, l’isolement a fait bien des victimes, et la crise économique va pendant des années nous impacter malgré les aides. Va-t-on apprendre à penser plus à l’autre ? Va-t-on arrêter la course au profit pour des circuits plus courts,va-t-on former et reconnaître les métiers de la santé ? Je ne pense pas, l’homme oublie. Mais la pandémie laisse des traces…

Mon collègue, père de famille qui perd sa femme qui venait d’accoucher d’un bébé de quatre semaines, cette jeune fille en quarantaine qui n’a pas pu rendre visite à sa mère mourante, ces hommes et femmes sans soin mourant dans les couloirs des hôpitaux… nos villageois disparus depuis le début de cette pandémie…
La pandémie laisse des traces…

Pourtant des messages d’espoir sont là comme ce texte de Kitty O’Meara publié en 2020.

Et les gens restèrent chez eux

Et les gens restèrent chez eux. Ils lurent des livres, écoutèrent, se reposèrent, firent de l’exercice, firent de l’art, jouèrent à des jeux et apprirent de nouvelles façons d’être.

Et ils écoutèrent davantage. Certains méditaient, d’autres priaient, d’autres encore dansaient. D’autres rencontrèrent leurs ombres. Et les gens se mirent à penser différemment. Et les gens guérirent. Et, en l’absence de personnes ignorantes, dangereuses, insensées et sans cœur, la terre commença à cicatriser.

Et quand le danger fut passé, et que les gens se rassemblèrent à nouveau, ils pleurèrent leurs pertes, firent de nouveaux choix, rêvèrent de nouvelles images, et créèrent de nouvelles façons de vivre et de guérir la terre pleinement, comme ils furent guéris.

Kitty O’Meara

À Hégenheim, c’est un jeune qui nous a donné un bel exemple. Je reprends une partie du texte de Ghislaine Mougel des DNA. 

« Parce qu’il s’en voulait de n’avoir rien fait pour les personnes âgées durant le confinement du dernier printemps, Thomas Gabriel se rachète maintenant. «Je voyais mes grands-parents malheureux, seuls… et j’ai pensé à tous les autres anciens, cloîtrés chez eux», se souvient le jeune homme. Commis-pâtissier depuis un an dans un palace parisien, il venait à peine de reprendre son emploi en septembre «quand il a tout fallu « stopper».

Il rentre au pays, se confine dans la maison familiale à Hégenheim et, dès le 3 novembre, lance son projet. Cette semaine, entre deux fournées de kugelhof et le glaçage de ses bredele, il raconte : «J’ai proposé de confectionner gracieusement des brioches pour les anciens et j’ai posté mon projet sur Facebook en lançant un appel aux dons en direction des habitants, histoire qu’au moment de faire leurs courses, ils me ramènent un kilo de farine ou quelques œufs…»

À sa grande surprise, une heure après son message sur les réseaux sociaux, les partages se multiplient. De Hégenheim, des villages des alentours, de Bâle aussi. En parallèle, la mairie lui confie la liste des quelque 300 seniors, privés de repas de Noël cette année ainsi que les adresses des familles les plus défavorisées. Le succès de son projet dépasse ses espérances. Mais comment suivre le rythme quand partout à la ronde, son projet déclenche des élans de solidarité ? Une amie, Laëtitia Schneider, responsable de salle à l’auberge du Bœuf-Rouge de Hégenheim, lui propose de servir de point de collecte, comme la mairie et la Green Stub. Puis elle s’engage davantage en s’invitant durant les livraisons au domicile des anciens. Affaire conclue ! Elle va l’accompagner avec sa camionnette et, parce qu’elle maîtrise le dialecte, l’aider à faire le lien auprès des anciens. Mais un autre complice va lui faciliter la tâche : Philippe Gasser. Il est boulanger de passion. Il fait et vend son pain et ses viennoiseries chez lui chaque week-end. »