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Conseil de fabrique de Hégenheim 1810 -1877

9 min de lecture

Philippe Baumlin 

Les registres des délibérations du conseil de fabrique d’Hégenheim sont composés de 2 fascicules. Le 1er contient les délibérations du conseil complet (1810 – 1877) et le 2nd celles du bureau (1845 – 1874). 
Celles du bureau concernent principalement les prises de possession des différents vicaires de la paroisse. 

Comme il ressort du compte rendu de la réunion du 18.04.1830 le 1er vicaire a été nommé en 1830 parce qu’il y avait 1300 catholiques à Hégenheim et 300 à Bourgfelden éloigné de ¾ de lieue ce qui empêchaient un grand nombre de fidèles à une messe le dimanche. 

Liste des curés et vicaires
Cette liste n’est pas exhaustive et ne contient que ceux mentionné dans les compte- rendus de délibération.

Curés
1807 – 1810     :           GRÖLL 
1811 – 1812     :           Jean-Baptiste LANDWIG 
1814 – ?           :           Henry GSCHWIND
1825                :            MATT 
1828 – 1833     :           François Sébastien DIRRINGER 
1833 – 1858     :           Nicolas LOUIS 
1859 – 1877     ;           Jacques CHERAY 

Vicaires
1839 – 1840     :           Jean Georges ACKER 
1840                :           Victor GALL 
1849 – 1852     :
           HASSLER 
1852                :           Georges Joseph Aloïse VETTER (7.1 – 19.9) 
1852 – 1854     :           Georges ORTLIEB 
1854 – 1855     :           Appolinaire KRÖNER 
1855                :           Michel NUSSBAUM  (12.9 au 18.10) 
1855 – 1856     :           Augustin BALDENWECK 
1856                :           Aloyse SCHMITT (1.5 au 30.5) 
1856 – 1857     :           François-Joseph WALTER 
1857 – 1858     :           Appolinaire SCHITTLY 
1858                :           Francis DEIBER (16.3 – 1.9) 
1858 – 1860     :           Antoine BRUNNER 
1860 – 1862     :           André GRAUFFEL 
1862 – 1865     :           François Jacques WALZ 
1865 – 1870     :           Henri EBY 
1870 – 1872     :           Aloyse WENCK 
1872 – 1874     :           Henri SCHEMMEL
1874 – …         :           Emile KIEFER 

Le conseil de fabrique
En 1811 le 1er conseil de fabrique fut réuni. Il était composé de 6 membres 
deux nommés par le préfet 
– Jacques Ignace WALTER, receveur des douanes, trésorier 
– Henry Joseph ORY, percepteur, comme secrétaire
trois nommés par monseigneur l’évêque 
– Rémy ORTSCHEIDT, cultivateur, marguillier
– François Joseph STOECKLIN, cultivateur, marguillier 
– Jean GREDER, meunier, marguillier
le curé ou desservant 
– Jean-Baptiste LANDWIG, président     
Chaque membre devait prêter serment à l’empereur devant monsieur le maire BOUAT dans les termes suivants : « Je jure obéissance aux constitutions de l’empire et fidélité à l’empereur. » 
En 1815 les 5 membres du conseil ne furent plus nommés mais élus ; le curé et le maire devinrent membres de droit du conseil de fabrique. Un des adjoints représentait le maire lorsqu’il était absent. De ce fait aucune de ses 3 personnes ne pouvait être élue au conseil de fabrique. 
A partir de 1845 le conseil fut légèrement transformé. 2 de ses membres occupaient les postes de président et secrétaire. Les 3 autres marguilliers composaient le bureau des marguilliers avec un président et un trésorier. Le trésorier avait toute la trésorerie du conseil à sa charge. Le conseil se réunissait en général 3 fois par an
– en janvier pour arrêter les comptes 
– en avril pour valider les comptes, préparer le budget de l’année et réélire les membres sortants et le bureau. 
– en juillet ou en octobre 
A chaque réunion les troncs étaient vidés et la somme remise au trésorier. 
Une grande partie des recettes provenaient de dons faits pour des messes anniversaires à perpétuité. Cet argent, après autorisation de l’évêque, était prêté à des particuliers. Les intérêts étaient reversés au conseil pour couvrir les dépenses courantes. 

Composition du conseil de fabrique 

1811 – 1845

 PrésidentTrésorierSecrétaireMarguillierMarguillier
1807 Blaise Mislin   
1808    
1809    
1810    
1811Jean Baptiste
Landwig
Jacques Ignace WalterHenry Joseph OryFr Joseph StoecklinJean Greder
1812
1813
1814Jean GrederJac Jaeger
1815Jacques Ignace WalterJacques JaegerJean Greder
 
1825Jean GrederJean Frisch
 
1828Jean FrischJacques AmannJacquesJaegerJoseph Greder
 
1830François Joseph Naas
1831Jean Georges GrederJoseph GrederJean Frisch
 
1833
 
1835Jean Frisch
1836Georges GrederFrançois Joseph MislinJoseph GrederDésiré Zimberlin
1837FrJoseph Mislin de FrJoseph GrederDésiré ZimberlinFrançois Joseph BubendorfJean Greder
1838
1839
1840Georges JaeckJacques Girard
1841Christophe SpenlihauerFr Joseph Mislin de Jac
1842Georges JaeckFrJoseph Mislin de FrChristophe Spenlihauer
1843
1844Christophe SpenlihauerGeorges JaeckFrJoseph Mislin de Fr

1845 – 1877 

A partir de 1845 il y avait 2 présidents celui du conseil de fabrique et celui des marguilliers restants. Trésorier et secrétaires officiaient pour les 2 entités. 

AnnéePrésident CFTrésorierSecrétairePrésident bureauMarguillier
1845Georges JaeckFrJoseph Mislin de JaDésiré ZimberlinJacques FrischJean Dreyer
1846Jacques FrischJean DreyerJean Jaeck le jeune
1847
1848Jean DreyerJean Jaeck le jeuneJean Th Ricklin
1849Jean Thiébaut RicklinJoseph Ducommun
1850
1851Etienne Ettlin
1852Jean Schmitt de Henri
1853
1854 Joseph Jaeck
1855
1856
1857Jean Greder
1858
1859Jean Frisch
1860
1861
1862
1863
1864
1865
1866Jean FrischJoseph JAECK
1867
1868
1869
1870
1871
1872
1873Jean SchmittJean Thiébaut RicklinJean Frisch
1874Joseph Jaeck
1875Jean FrischJoseph JaeckJean Dreyer
1876

Faits divers

1811 
Le conseil de fabrique, M. Ortscheidt mis à part, a demandé la dissolution de la confrérie du St Rosaire suite « au scandale du 5 mai où pendant le service quelques membres de la confrérie ont voulu prendre le pas dans la procession avant les autorités locale avec bruit et menaces. La confrérie, représentée par Joseph Gottenkieny, Fridolin Greder, François et Christophe Mislin, Bernard Heinimann et Jean Greder fils de Simon, a adressé une lettre à l’évêché listant les attaques du curé contre elle. Les 2 partis ont alors été priés de s’expliquer devant M. le curé Stehlin, desservant la paroisse de Bouxwiller et représentant Msgr l’évêque. On ne connait pas le résultat de cette confrontation, chaque parti disant qu’il avait eu raison. 

1813 
L’évêché a donné son accord pour maintenir la chapelle de M de Barbier comme lieu de culte. 

1846 
Les sieurs François-Joseph MISLIN et GIRARD, ancien maire, ayant demandé au sous-préfet d’actionner le conseil en justice pour le non-paiement de la somme non acquittée pour l’achat d’un nouveau dais. Le conseil considère que le dais mentionné dans la lettre a été acquis par messieurs MISLIN et GIRARD de leur propre chef sans demander l’avis du conseil de fabrique comme le prouve le registre des délibérations et il ne revient donc pas au conseil de le payer. Le conseil considère qu’il résulte clairement du contexte que MISLIN et GIRARD avait l’intention de payer le dais à M. W VIOLENT soir de leurs fonds propres soit de fonds de source inconnu au conseil. Ces derniers ont d’ailleurs été condamnés par un jugement contradictoire au paiement d’une partie des prétentions de M. VIOLENT sans que la fabrique soit mise en cause. 

1846-1847
Le baron de GOHN, au nom de feue Mme Bouat, a payé un nouvel orgue pour l’église d’Hegenheim. Les anciens tuyaux ont été vendus à M. Callinet, facteur d’orgue, pour la somme de 300 frs. 
Grâce à un don de Mme d’Ichtersheim une cloche fêlée a été refondue. 
Des aubes ont été fabriqués pour les enfants de chœur. 
Suite à l’interdiction, par l’évêché d’utiliser le maître autel pour y poser le Saint-Sépulcre, le conseil a décidé d’en faire poser un sur un autel latéral. 

1856 
Le conseil municipal ayant refusé de payer le salaire du sacristain (200 frs annuels) le conseil s’est adressé à l’évêché et au sous-préfet pour leurs demander d’intervenir. Après un contrôle des comptes par M. le maire, qui a montré que le conseil était incapable de subvenir à cette dépense, il semblerait que tout soit rentré dans l’ordre. 

1861 
Fanny Albertine d’ICHTERSHEIM veuve de feu M. Léon Antoine comte de BARBIER SCHROFFENBERG, pour remplir les vœux de feue sa mère Mme Thérèse de BILLIEUX veuve d’ICHTERSHEIM, décédée à Porrentruy, a légué une créance de 1000 frs dont les intérêts, à 5%, devront être versés aux sœurs institutrices pour l’éducation des filles les plus pauvres aussi longtemps que les sœurs dirigeront l’école.  

Dons et legs sur la période

En 1828 les droits de la fabrique sont les suivants 
– Convoi ou enterrement avec 3 grands messes : 3frs 
– Convoi ou enterrement avec 1 grand’messe et 2 messes basses : 2frs 
– un anniversaire grand’messe : 1fr
– un anniversaire avec messe basse : 50 centimes
– une messe basse publiée, quelconque : 50 centimes 
– un mariage avec messe chantée : 1,50frs 
– un mariage sans messe : 75 centimes 

Le don ou legs pour une messes anniversaire annuelle avec libera s’élève à 120 frs jusqu’en 1860 puis passe à 130 frs. Les dons listés par le conseil de fabrique pour la période sont les suivants : 
1828 – 1839 : 5 dons pour 800 frs 
1840 – 1849 : 4 dons pour 800 frs 
1850 – 1859 : 8 dons pour 2150 frs 
1861 – 1869 : 39 dons pour 7797 frs 
1871 – 1876 : 14 dons pour 4470 frs 

Règlement de l’église 

En 1812 le conseil arrête qu’il est défendu à tout homme marié et à tout garçon qui n’a pas 15 ans de rendre sur la tribune. 
Il est défendu aux étrangers et aux domestiques qui ne sont pas nés dans la commune d’occuper des bancs la tribune. Les fils de la commune devront avoir la préséance.


En 1837 le conseil de fabrique a arrêté le règlement suivant et donné ordre au « Suisse » de l’appliquer. 
1. Interdiction aux enfants de moins de 18 ans de monter à la tribune. Ils doivent s’installer dans le tout dernier banc des hommes. Les célibataires n’ont pas le droit de se mettre dans les bancs des hommes mariés. 
2. Les jeunes âgés d’une vingtaine d’année ont le droit d’aller sur le devant de la tribune mais pas là où se trouve l’orgue, place réservée aux chantres. Tous doivent se tenir tranquilles et silencieux. 
3. Il est interdit de rester debout sur les escaliers pendant la messe. Certains y trouvent place pour pouvoir mâcher le tabac sans être vu. 
4. Comme l’église est faite pour tous les croyants, ceux qui arrivent en premiers dans les bancs doivent se pousser pour que les suivants ne doivent pas passer au-dessus.
5. Les filles qui ont fait leur première communion depuis moins de 2 doivent s’agenouiller devant l’autel St Blaise et laisser la place aux jeunes filles plus âgées dans les bancs des jeunes filles. 
6.Les 2 bancs sous le devant de la tribune sont réservés aux femmes n’étant ni mariées, ni jeunes filles. Le suisse » doit veiller à ce qu’elles s’y installent. 
7. Le clocher doit être évacué. Il est également interdit de rester debout ou de fumer devant l’église avant et pendant la célébration. 

En 1859 le règlement de 1837 a été légèrement ajusté 
1. Il est interdit aux garçons de moins de 18 d’aller sur la tribune. Ils doivent occuper du côté des hommes les bancs qui sont à la suite des 3 premiers bancs occupés par les membres de la confrérie. 
2 Les garçons de 18 ans et au-dessus auront les places sur la tribune où les 1ères places des 2 côtés de l’orgue ne pourront être occupées que par les jeunes de la paroisse qui ont déjà tirés à la conscription. 
3. L’entrée des orgues n’est permise qu’aux chantre désignés par M. le curé. 
4. Il est défendu de prendre place sur les escaliers conduisant à la tribune, sous la tribune ou dans le vestibule tant que les bancs ne sont pas occupés. Il est désiré que les 1ers bancs à la suite de ceux désignés ci-dessous soient occupés par les hommes mariés les moins âgés. Il serait aussi convenable que les fidèles de la paroisse qui arrivent les premiers dans les bancs se mettent au bout pour faire de la place aux autres. 
5. Les jeunes filles ne pourront occuper les places dans les bancs du côté des femmes qu’après deux années révolues de leur 1ère communion, elles devront se mettre pendant les offices au pied des autels collatéraux. 
6. Les filles et femmes de mœurs équivoques qui ne pourraient guère trouver de place à côté d’honnêtes filles occuperont les deux bancs qui se trouvent sous la tribune avec l’appendice du dernier banc du côté des femmes. 
7. Il est formellement interdit de s’arrêter ou de rôder autour de l’église pendant les offices. 

Différents rôles au sein de la paroisse

sacristain
1828 : Joseph HALM de Feldkirch 
1833 : Joseph RIEDLIN est confirmé dans ses fonctions 
1842 : Xavier KNOLL (suite à la démission de Joseph RIEDLIN) 
1852 : Jacques MISLIN fils de François-Joseph 

Organiste
Jusqu’en 1828 Jean-Baptiste ETZER également instituteur. 
1828 : Victor Guillaume REISACHER également instituteur. 
1833 : Jean-Baptiste ROSE de Storckenheim. Il s’occupe aussi du remontage de l’horloge. 
1842 : Xavier KNOLL également instituteur.
1868 : WILLMANN en remplacement de KNOLL

Souffleur d’orgue
Il tire les soufflets à chaque messe chantée. 
1828 : Henri SÄGER 

« Suisse »
1837 : Joseph HEINIMANN 
1859 : Nicolas RIEDLIN