Christophe Sanchez
Dans mes jeunes années, je passais beaucoup de temps chez un ami d’enfance dont les parents avaient un restaurant au cœur du village.
Les anecdotes se sont passées dans ce lieu, les noms des personnes ont intentionnellement été changés pour ne pas leur porter un quelconque préjudice.
Le transformateur de train
Nous étions loin d’être des anges mais nos bêtises d’antan restaient bon enfant, du moins je le crois. Nous avions, plus jeunes, construit un circuit ferroviaire mais avec le temps cela nous a lassé et nous avons eu l’idée d’utiliser le transformateur du train à d’autres fins : mettre un faible courant sur la poignée de porte des toilettes hommes tout en bloquant celle-ci grâce à une planche robuste coupée à la bonne hauteur. Le courant chatouillait les mains,..,nous avions fait des tests au préalable pour s’assurer que nous n’allions pas blesser quelqu’un.
Le dimanche venu, le restaurant était plein d’habitués qui partaient souvent en catimini avant la fin de la messe lors de la communion.
Nous avons donc mis en place notre stratagème… avec succès. Les clients surpris par la décharge, lâchait la poignée de porte, ce qui nous donnait le temps d’enlever la planche et de se cacher. Ne comprenant pas ce qu’ils leur arrivaient, ils ne disaient rien de peur de ne pas être pris au sérieux.
Cependant, un des clients n’a pas réagi comme escompté. Après une décharge homéopathique et n’arrivant pas à ouvrir la porte, il essaya de sortir par la fenêtre des toilettes qui se situait quand même à plus de deux mètres du sol. Voyant la hauteur et n’ayant plus l’âge de prendre des risques inutiles, il alerta les passants en leur demandant de l’aide.
Sentant les problèmes venir, nous sommes sortis du restaurant et avons gentiment demander ce qui se passait. Ayant rassuré le client, nous sommes allés le sauver, ce qui nous a valu une boisson offerte et un grand merci. La maman de mon ami, n’était pas dupe et nous a regardés d’un air soupçonneux mais n’a jamais rien dit.
Après cet incident, nous n’avons plus utilisé le transformateur… je pense qu’il dort toujours dans un des cartons au grenier et qui sait, il servira un jour à nouveau de façon inédite !
La procession
Nous avions dans tous nos villages des personnages uniques et hauts en couleur. Dans le restaurant, nous avions l’habitude d’en voir quelques-uns surtout le samedi soir. En ce début d’été, notre Finnelé venait chercher son fils attablé depuis quelques heures à une des tables. Ne le voyant pas se lever, elle resta elle aussi à boire des demis de vin blanc. La soirée était bien avancée quand notre Finnelé a été prise d’une envie pressante de faire pipi. Se doutant qu’elle n’arriverait pas aux toilettes à temps, elle se mis entre deux bancs du restaurant et se soulagea ! Après un moment de stupeur, nous avons ri aux larmes mais la patronne du restaurant demanda à son fils et moi de la ramener à la maison. Mais Finnelé ne pouvait plus marcher. Sa maison ne se trouvait pas très loin et nous avons pris ce que nous pouvions pour la transporter : une brouette.
C’est donc en brouette et accompagnée de clients hilares que dans une joyeuse procession nous avons ramené Finnelé à son domicile.
La mobylette
Un autre de ces personnages uniques aimait lui aussi s’attarder au restaurant et ses collègues de boissons lui faisait de temps à autre des farces. Cette fois-là, ils lui mirent de gros pavés dans les sacoches de sa mobylette qu’il avait toujours devant le restaurant. En voulant partir, il eut du mal à avancer. Il partit quand même en poussant une litanie de gros mots dont la richesse de vocabulaire pouvait dans ce domaine concurrencer nos références que sont Martzen et Bisch.
Le match de foot
Les anniversaires de mon ami étaient légendaires. Nous finissions tous avec quelques kilos en plus grâce à un repas gargantuesque et de nombreuses bouteilles que nous avions plaisirs à boire ensemble. Ce soir-là, nous avions déjà eu à l’apéritif notre quota d’alcool en ayant fini quatre bouteilles à cinq. Le saumon entier et les bouteilles de vin blanc qui l’accompagnèrent n’arrangèrent guère la situation si bien que pour retrouver notre forme pour attaquer le filet de bœuf, nous avons décidé de jouer au foot sur le parvis de l’église.
Comme but, la grande porte de l’église fut désignée d’office. Elle ne vit pas beaucoup de ballons car la justesse de nos tirs était très variable. Après une trentaine de minutes et l’offuscation des voisins, nous avons fini cette partie prêts à en découdre avec le reste du repas et quelques autres divins nectars. Ce soir-là, les quelque 100 mètres à faire pour rentrer furent bien longs à parcourir. Personne ne prit sa voiture et l’un des autres, tombés sur le champ de bataille, a fini la nuit dans sa voiture pour ne repartir que tard dans la matinée.
